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Retour à la confiance des professionnels des médias dans les corps de défense et de sécurité

La gestion pacifique par la police nationale des manifestations spontanées de joie pour me retour à la liberté du directeur de la radio publique africaine (RPA), Bob Rugurika, a été unanimement saluée par les invités à l’émission passée de club de la presse.

« Les mardi verts » ont été un signe précurseur

Déjà, lors des « mardi verts », qui étaient caractérisées par d’autres manifestations pacifiques des professionnels des médias contre l’incarcération du patron de la RPA, la police se faisait discrète, quand elle n’était pas absente, s’est souvenu avec la même note de satisfaction, Alexandre Niyungeko, le président de l’union burundaise des journalistes(UBJ).

« Ce qui s’est passé est un signal fort et nous espérons que le ministre de l’intérieur va en tirer les leçons qui s’imposent », a-t-il enchaîné, avant d’exprimer un autre sentiment de grande joie et de gratitude envers tous les intervenants qui se sont investis pour la libération du directeur de la RPA même s’il faut rester mobiliser pour qu’il soit complètement blanchi par la justice, a-t-il souligné, en substance.

L’intervenant a aussi estimé que la justice doit être faite pour les trois missionnaires italiennes dont le meurtre a été à l’origine des ennuis judiciaires pour le directeur de la RPA suite à ses investigations sur les présumés coupables qui ont été assimilés au « manquement à la solidarité publique, au recel de criminel et à la complicité d’assassinat » par l’accusation.

Fantastique !

Le directeur général de la radiotélévision Renaissance, Innocent Muhozi, a également félicité les gens du système de sécurité qui ont laissé les journalistes manifester leur opposition à l’emprisonnement injuste de Bob Rugurika.

« C’est fantastique. C’est ce qu’il faut faire. La police a évité de chercher des problèmes pour rien. Chapeau sans équivoque. C’est cela qu’on attend de notre police », a-t-il souligné.

Pour lui encore, s’il y a eu tant de mobilisations, c’est que l’emprisonnement de Bob a heurté la conscience citoyenne. L’accueil traduit simplement la révolte que beaucoup de gens partagent par rapport à l’assassinat des trois sœurs italiennes. Nous allons rester mobiliser pour les trois morts. Nous ne devons pas nous démobiliser tant qu’on n’aura pas trouvé quel monstre a tué les sœurs. La dignité humaine est la même pour tout le monde. Quand vous avez ce petit peuple sans ethnie, sans parti, c’est qu’ils ont la même aspiration à la justice. Quand vous faites trembler des gens pendant des décennies, cela finit par exploser. Les gens ne sont pas venus casser ou piller. C’est qu’ils savaient ce qu’ils voulaient », a-t-il conclu.
Coup de chapeau aux manifestants et à la police nationale !

De l’avis de Jérôme Nzokirantevye, le porte-parole du sénat, c’est normal qu’il y ait une telle mobilisation. Bob est devenu populaire suite à son reportage sur les trois sœurs. S’il pouvait aider à dénicher les vrais assassins, cela serait encore une très bonne chose pour la suite du dossier judiciaire. Les gens veulent connaitre qui a tué ces gens là. Bob pourra aider dans ce sens étant en liberté. Il est libéré sous caution et non acquitté.

D’un autre côté, l’intervenant a tiré un coup de chapeau aux manifestants et si les manifestations devaient se passer de la sorte, la police n’aurait pas besoin de sévir. C’est également un pas en avant en termes de droits humains et de la démocratie. Quand les choses sont bien faites, il faut aussi le dire, a-t-il conseillé aux journalistes.

Bob Rugurika est un symbole du ras-le-bol généralisé

Quant à Edouard Madirisha, sa conviction est que Bob Rugurika a été le symbole d’un ras-le-bol qui existe déjà dans le pays. Après les manifestations devant la RPA, la foule s’est dirigée vers le couvent où ont été assassinées les sœurs italiennes, dans le quartier de Kamenge. Parmi les slogans, les gens disaient : « nous ne sommes ni hutu, ni tutsi, mais des citoyens burundais », a rappelé l’intervenant. Il y avait aussi une marrée humaine, même en province. L’emprisonnement irréfléchi de Bob en a fait un héro. C’était prévisible qu’il allait être libéré. A travers Rugurika, la population a montré qu’elle ne supportait plus certaines choses. C’est aussi à encourager, a-t-il conclu.

Le revers de la médaille

Les invités de club de la presse ont encore analysé ce qui se passe au niveau du service national du renseignement qui vient de connaître une purge à sa tête, avec notamment le limogeage de son directeur général, Godefroid Niyombare et son chef de cabinet.

Les mandataires politiques sont assis sur des chaises éjectables

Le porte-parole du sénat, Jérôme Nzokirantevye, a toutefois trouvé que tels changements n’avaient rien d’anormal, surtout pour des gens qui ont été nommés par décret. Ils sont assis sur des chaises éjectables. Autrement dit, il n’y a pas de mandats pour quelqu’un qui a été nommé dans de telles conditions. Tout dépend des circonstances, a-t-il tenu à minimiser une fois de plus.

Un limogeage qui n’est pas si anodin que cela!

Ce n’est pas si normal que cela d’être limogé au bout de trois mois, a trouvé, de son côté, Alexandre Niyungeko, avant de conclure à une crise de confiance entre le chef de l’Etat et l’ancien directeur général de la documentation nationale. Il y avait eu des changements dans ce secteur mais force est de constater que l’ancien patron du renseignement reste l’homme fort et influent. Il se dit aussi beaucoup de choses par rapport au troisième mandat. Si c’est cela qui a été à l’origine de la destitution de Godefroid Niyombare, je dis coup de chapeau à ce général. On voit qu’il y a besoin de changement. Ce qui vient de se passer, c’est un signal fort au chef de l’Etat par rapport au troisième mandat controversé, a-t-il avisé.

Des circonstances troublantes!

Un avis qui a été partagé par Edouard Madirisha pour qui, «il doit y avoir un certain malaise entre le général Niyombare et son patron. Depuis quelques temps, il y a eu une succession de faits qui auguraient de cette situation. Souvenez-vous du cas du sénateur de Bubanza Richard Nimbesha qui s’opposait à un troisième mandat du chef de l’Etat sortant. D’autres chambardements sont à attendre au niveau du CNDD-FDD (parti au pouvoir). Il y a des circonstances troublantes. Le système CNDD-FDD fonctionne de sorte que les voix discordantes soient étouffées », s’est laissé convaincre l’intervenant.

Un grand général !

Pour Innocent Muhozi, rien d’étonnant parce que le débat qu’il y a au CNDD-FDD est très profond et sensible à cause du troisième mandat du président sortant. C’est aussi quelque chose de très salutaire. Les gens du CNDD-FDD devraient être fiers de ce débat intérieur au lieu de vouloir détruire ceux qui ont des avis contraires. Godefroid Niyombare s’est comporté comme un grand.