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Renforcement des capacités de journalistes en matière de réforme et de développement du secteur de sécurité au Burundi

Dans le cadre d’un projet de « Renforcement des capacités des journalistes en matière de réforme du secteur de sécurité (RSS) et de développement du secteur de sécurité (DSS) », un atelier de sensibilisation pour l’intégration des problématiques sécuritaires dans les médias a eu lieu le 22 novembre 2013 à la Maison de la Presse, à Bujumbura, à l’initiative du programme de Développement du Secteur de Sécurité (DSS/Gouvernance) et dans le cadre du mémorandum d’entente burundo-néerlandais.
L’objectif global de l’activité était de mener un plaidoyer auprès des responsables et des organisations professionnelles des médias (OPB, ABR, Maison de la Presse, AFJO, UBJ, DHD, OMAC) pour l’intégration des problématiques sécuritaires dans les grilles de programme, et plus particulièrement les axes suivants : Stratégie, Renforcement des capacités, Intégrité et Genre.
L’objectif spécifique de l’atelier, ainsi que celui des différentes activités prévues par le projet, étant de mener une sensibilisation réciproque entre les corps de défense et de sécurité et les médias, pour plus de communication, de collaboration et de confiance.
Les professionnels des médias constituent, au fond, des relais et des observateurs privilégiés et incontournables des pratiques de bonne gouvernance.
Aussi, l’implication des médias dans la gouvernance sécuritaire, à travers le processus RSS, est primordiale pour la durabilité du processus et pour son appropriation nationale à travers une approche du DSS totalement novatrice au Burundi.
Les professionnels des médias ont également un rôle légitime de contrôleurs du secteur de sécurité, et à ce titre, ils doivent se doter de stratégies et capacités requises pour exercer cette surveillance.
Pour rappel, la gouvernance démocratique du secteur de sécurité est une norme internationale reconnue, à travers plusieurs engagements internationaux, notamment la résolution AGNU 55/96 (2000).
La Constitution du Burundi exige également la réforme du secteur de sécurité, la transparence et l’obligation de rendre compte de la part des corps de défense et de sécurité.
Au chapitre des activités de l’atelier, des présentations des responsables du programme DSS ainsi que ceux des unités de Gestion du Ministère de la Défense Nationale et des Anciens Combattants (MDNAC), du Ministère de la Sécurité Publique (MSP), de la Revue de la Défense et Gouvernance ont eu lieu.
D’autres exposés ont porté sur les défis et opportunités de la communication par les porte-paroles du Ministère de la Sécurité Publique (MSP) et du (Ministère de la Défense Nationale et des Anciens Combattants (MDNAC).
L’autre moment fort de la journée a été marqué par des témoignages et expériences de la RSS par des journalistes qui ont été en mission de reportage auprès du contingent burundais de la mission africaine de maintien de la paix en Somalie(AMISOM).
Des recommandations ont été formulées à l’issue de la journée d’échanges, discussions, commentaires et débats riches et variés entre les professionnels des médias et les différents responsables du projet et des corps de défense et de sécurité.
A. RECOMMANDATIONS

Aux responsables du projet :

Aider dans la mise sur pied d’un réseau professionnel de journalistes spécialisés dans le secteur de sécurité, et plus précisément la Réforme du Secteur de Sécurité (RSS)
Renforcer les capacités des professionnels des médias pour une meilleure mise en œuvre et le suivi de la RSS

Aux responsables des corps de défense et de sécurité :

Travailler en synergie avec les médias pour mieux développer la RSS
Mettre en place un cadre légal approprié des corps de défense et de sécurité
Faire le suivi de la mise en place de la police de proximité
Améliorer le système de communication des services des corps de défense et de sécurité
Professionnaliser les corps du secteur de la sécurité
Décentraliser les services de communication des corps de défense et de sécurité jusqu’au niveau des bataillons et des postes de police
Recruter des agents des corps de défense et de sécurité d’un niveau minimum du cycle inférieur

Aux responsables des médias :

Initier des enquêtes sur l’efficacité de la police de proximité
Prendre des initiatives de formation visant la spécialisation des journalistes dans les reportages sur des questions de sécurité
Prévoir un espace plus important pour les reportages relatifs à la conduite de la réforme du secteur de sécurité
Donner de l’importance et l’attention voulue aussi bien aux bonnes qu’aux mauvaises pratiques dans les reportages

B. CONCLUSION
De l’avis général des participants et organisateurs, la rencontre entre les responsables des médias et ceux du secteur de sécurité a été mutuellement enrichissante.
D’autres rencontres de suivi et évaluation de la mise en œuvre des engagements et recommandations issus de l’atelier restent nécessaires pour la réussite du projet de RSS.
Par ailleurs, il s’est encore dégagé des échanges que la réussite de la mise en œuvre de la RSS est une affaire de tous le monde.
La décentralisation, la coordination des efforts, l’échange de l’information dans la transparence et l’intérêt général entre les différents intervenants et protagonistes du secteur de la sécurité sont autant d’autres points de convergence qui sont ressortis des échanges.
Par ailleurs, le programme de DSS n’est pas une fin en soi du moment qu’une bonne gouvernance sécuritaire est un facteur « indispensable » pour un développement durable, s’est-on encore accordé à dire.
Il a été également rappelé par les organisateurs de l’atelier que le programme DSS met en avant, pour ce qui est du partenariat avec les médias, l’apolitisme, la neutralité, l’impartialité et le respect de la loi en tant que piliers d’une réussite de la gouvernance sécuritaire.
La réussite du projet passe enfin par la confiance et le travail en synergie entre les médias et les corps de défense et de sécurité.