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Recentrons le débat!

Le débat en cours et, certainement à venir, sur l’accès équitable aux médias tant publics qu’indépendants des acteurs étatiques, ceux de l’opposition politique, de la société civile et, ne l’oublions pas, du contribuable, passe pour l’un des plus intéressants, constructifs, pertinents, opportuns et utiles après celui encore passionné à propos de la nouvelle loi sur la presse au Burundi.
Le nouveau débat a surtout enflé au lendemain de la publication du dernier rapport trimestriel du Conseil National de la Communication (CNC) dont le principal grief est que les médias indépendants ne donnent pas assez la parole aux acteurs publics.
Au milieu du débat, c’est en fait le rôle premier et la mission du journaliste qui est posé comme véritable problème à revisiter.
De tous les temps, le vrai journaliste se place au-dessus de la mêlée pour relater avec objectivité et impartialité les évènements.
Un bon journaliste n’a donc véritablement pas besoin d’être du secteur public ou privé pour faire correctement son boulot.
Après tout, les deux puisent à la même source de la science et du savoir journalistique qui met en avant l’intérêt général, use de la curiosité et du flair dans la recherche de l’information, et pas obligatoirement sur commande.
Le réflexe commande plutôt à un bon journaliste de descendre précipitamment du bus sur le chemin du travail, ou de s’arrêter net dans la rue pour s’enquérir d’une situation curieuse, sans que le sujet soit programmé à l’avance par sa rédaction, et sans se poser la question de savoir si l’acteur au milieu de l’évènement est public ou alors quelqu’un de l’opposition ou de la société civile.
Un bon journaliste est encore celui qui écourte le sommeil, les vacances, le repas et même le séjour dans la salle de bain pour fixer rapidement une idée qui le fuyait sur un bout de papier ou pour être le témoin privilégié d’un évènement fortuit, sans encore une fois se poser à priori la question de son appartenance au médium public ou privé.
De la sorte, il aura rempli la part du contrat même si le dernier mot reviendra aux tenants de la ligne éditoriale et politique du médium en question qui ont également des comptes à rendre ailleurs, étant donné que le travail journalistique se fait en chaîne.
Le débat doit aussi s’étendre aux difficultés indépendantes de sa volonté que le journaliste rencontre au quotidien.
C’est le cas, notamment, de l’accès aux sources d’information qui se complique ou se facilite selon que le journaliste est connoté « indépendant » ou « public ».
Un cadre légal rigide peut aussi jouer un mauvais tour au journaliste qui aura tendance à s’autocensurer par peur d’ennuis judiciaires et autres amendes exorbitantes.
Le manque de moyens, tant matériels que financiers, fausse également la pratique saine du métier et donne l’impression que les journalistes n’en font pas assez pour satisfaire les besoins des consommateurs de l’information.
Dans tous les cas, disons simplement que c’est d’un débat global qu’il faut mettre sur la table autour des acquis mais aussi des perspectives d’avenir de nature à mieux faire respecter et comprendre le noble et exigent métier à tout le monde.