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Pourquoi pas des «Citoyens journalistes » !

La question ne se pose plus pour la radio Bonesha FM qui a déjà formé des candidats « Citoyens journalistes ».

Certains ont tiqué, d’autres en ont eu peur ou se sont montrés dubitatifs quand l’idée a été évoquée publiquement, pour la première fois, à une récente émission de club de la presse qui donne la parole aux professionnels des médias pour décortiquer l’actualité de la semaine et parler de la vie de leur métier.

L’innovation de Bonesha FM répond certainement à des besoins et objectifs précis et ce n’est pas, de surcroît, une idée neuve sous d’autres cieux.

Quoi de neuf, en effet, quand on pas déjà entendu de grandes chaînes de télévisions occidentales parler de « vidéo d’amateur » qu’elles diffusent en boucle parce qu’un quidam ou un simple citoyen est arrivé plus tôt que les professionnels sur le lieu d’un évènement quelconque ou en a été témoin depuis le balcon de son appartement ?

Ces chaînes de télévision ne s’en arrêtent cependant pas là et savent que le simple citoyen n’était pas préparé techniquement pour tout raconter et suivant les règles du métier. Elles dépêchent par la suite des reporters et autres envoyés spéciaux plus chevronnés pour en dire plus et sous tous les aspects.

De la même façon, n’a-t-on pas déjà entendu les mêmes chaînes de télévision se rabattre sur des citoyens ordinaires pour glaner les premières informations au téléphone, en attendant encore une fois que des professionnels se projettent sur le lieu de l’évènement ?

Tout porte à croire que c’est dans cette logique que Bonesha usera des mêmes moyens en attendant que la rédaction centrale dépêche les meilleurs des ses reporters pour y voir de plus près et de manière plus claire. Surtout que dans les conditions matérielles et humaines du moment, elle n’a probablement qu’un correspondant par province qui n’est pas nanti du don d’ubiquité pour être partout et en même temps !

La question qui vaille plutôt la peine est que le Burundi n’est cependant pas les Etats unis d’Amérique, la France et bien d’autres pays qui ont développé à outrance les déjà vielles technologies de l’information et de la communication et où le simple citoyen se promène avec au cou, un appareil photo numérique, un enregistreur de son, une caméra tout aussi numérique et un ordinateur portable pour figer instantanément l’image, le son et envoyer un texto en temps réel au premier contact avec un évènement. Parfois moyennant paiement.

Dans le cas précis de Bonesha FM, en plus du mérite que la radio y a pensé avant les autres et va le mettre en application, espérons qu’elle a pris également en compte les moyens de bord, comme le téléphone.

L’autre exigence est de devoir former préalablement les lauréats au BABA du métier qui consiste à éviter les rumeurs, répondre plutôt aux questions de base de savoir qui a fait quoi, quand et où ?

La liste des questions n’est cependant pas exhaustive et il reviendra par la suite aux journalistes professionnels de la rédaction centrales ou des provinces de s’aider de l’alerte citoyenne pour aller vérifier, développer l’information et répondre à la fin aux autres interrogations qui relèvent du sixième sens : pourquoi et comment cela a-t-il eu lieu ? Qu’est-ce qui va suivre ?

C’est en cela qu’on ne s’improvise pas journaliste car c’est un métier autrement plus exigeant, s’il fallait rassurer les plus réfractaires au projet qui n’est pas, après tout, si nouveau que cela au Burundi mais change de forme quand on se souvient que le citoyen est régulièrement sollicité ou intervient d’initiative pour donner des interviews et autres témoignages au sur tel ou tel autre évènement.