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« Nous sommes Charlie » !

Les invités à l’émission passée de club de la presse se sont ralliés aux amis de la liberté d’expression et de la presse du reste du monde pour exprimer à leur tour la solidarité et la compassion totales envers le journal français « Charlie Hebdo » qui a perdu dernièrement 10 de ses meilleurs caricaturistes dans un attentat terroriste, à Paris, en France.

De l’avis de Theddy Mazina, journaliste et photographe indépendant, le journal avait beaucoup d’ennemis du fait que ses caricatures n’épargnaient personne. Le tournant semble toutefois être les caricatures de Mahomet que le journal a diffusées en 2011.

Quant à l’attentat qui vient d’endeuiller le journal, c’est un scandale qui va rendre malheureux les musulmans. C’est comme ce qui s’est passé aux Etats unis avec la destruction des tours jumelles. Il faut continuer son travail au niveau de Charlie Hebdo. Au niveau du travail journalistique, c’est la bonne attitude de courage à adopter. Advienne que pourra. Qu’on n’ait pas peur de dire la vérité.

Pour Jérome Nzokirantevye, l’actuel porte-parole du sénat burundais, ce qui est arrivé au journal français relève purement et simplement du terrorisme qui, lui-même est lié à l’activisme militaire de la France dans le monde. De temps en temps, en entendait de petits attentats jusque-là en France. Il faut néanmoins saluer l’action du président français et la solidarité du peuple français. Ce qui importe, c’est que l’humanité toute entière doit être solidaire contre le terrorisme.

Evariste Nzikobanyanka, secrétaire de rédaction à la radio Isanganiro, quant à lui, a tenu à saluer la solidarité des français en ces moments difficiles. Quand les Etats unis ont été attaqués, les musulmans ont condamné le forfait. La France est tricolore. Il faut qu’ils mettent ensemble cette diversité pour résister contre la terreur islamiste.

Attaque armée contre le domicile d’un journaliste de la RPA

Au Burundi, il existe aussi des ennemis de la presse, ont noté les mêmes invités de Alice Hakizimana et de Christian Bigirimana à la suite d’une attaque armée qui a été dirigée dernièrement contre le journaliste Zubedi Juma de la Radio publique africaine(RPA) à Ngozi, de la part d’un groupe d’individus non encore identifiés à une heure du matin.

Jérôme Nzokirantevye n’a pas compris pourquoi quatre individus armés ont attaqué un domicile privé d’un journaliste. Cela rappelle l’autre sujet de Charlie Hebdo. Quand on n’est pas d’accord avec un journaliste, il y a le droit de réponse ou alors la justice. La violence n’a jamais été et ne sera jamais une réponse véritable aux problèmes des gens. Vouloir en finir avec la vie des autres, c’est également un non sens. La protection des journalistes est aussi en cause. Charlie Hebdo était gardé. Nous approchons une période cruciale. Les règlements de compte peuvent aussi exister. Il faut sensibiliser toutes les parties prenantes sur le travail journalistique. Le journaliste devrait faire son travail de façon professionnelle. On ne doit pas balancer toutes les vérités. Il ne faut pas non plus occulter la vérité ou la manipuler. Est-ce que ce qui lui est arrivé est inhérent à son métier?

Pour Theddy Mazina, les journalistes qui travaillent à la campagne ont tout simplement du pain sur la planche. Il faut faire aussi attention à la période électorale. Il y a, d’un autre côté, des gens qui veulent saboter le pouvoir en allant intimider les journalistes.

De l’avis de Evariste Nzikobanyanka, une visite nocturne du genre chez un journaliste n’est pas gratuite. C’est un clin d’œil que nous sommes dans une période électorale ultrasensible. Des gens de mauvaise foi en veulent aux journalistes. A leur tour, les journalistes ne doivent pas croiser les bras et doivent plutôt redoubler de vigilance.

Dialogue de sourds !

L’émission a encore donné lieu à des joutes oratoires entre invités sur la récente attaque d’individus armés et les forces de défense et de sécurité contre la province de Cibitoke.
Certains des invités ont soutenu que la conférence de presse du porte-parole de l’armée, le colonel Gaspard Baratuza, sur le sujet a posé plus d’interrogations qu’elle n’a apporté de réponses aux questions du public qui n’a toujours pas su quelle identité des assaillants, encore moins l’objectif qu’ils poursuivaient. On a aussi vu des civils armés aux côtés des militaires et des policiers.

Pour Jérôme Nzokirantevye, quoi qu’il arrive et que l’on en pense, l’armée et la police ont fait leur travail de mettre hors d’état de nuire les assaillants. De même, la population a rempli sa part du contrat en avertissant du danger, les forces de sécurité. Pour le reste, quand il y a mort d’hommes, c’est en soi une mauvaise chose. Ce qui importe aujourd’hui, c’est d’en finir avec cette rébellion.

Evariste Nzikobanyanka, quant à lui, a surtout fustigé le fait que des personnes ont été exécutées après avoir été capturées vivantes par des jeunes. Il y avait des jeunes qui participaient, rampaient avec les militaires. On a vu aussi le responsable des imbonerakure qui avait son fusil Kalachnikov au milieu des militaires. J’ai vu trois autres civils en armes qui opéraient avec les militaires.

Theddy Mazina, de son côté, a condamné la présence des jeunes civils en armes sur le théâtre des hostilités militaires. « Imaginez-vous si demain il y a des hostilités en ville de Bujumbura avec des jeunes armés aux côtés des militaires et des policiers, cela veut dire qu’il y aura des pogroms. Qu’on arrête donc les responsables qui laissent les civils tués. Que viennent faire des civils avec des machettes dans un pays qui a des institutions sécuritaires normales ? On ne peut pas accepter des civils qui prennent des armes. On est face à un grand danger. C’est totalement anormal que des civils aillent combattre ensemble avec les militaires.