Ensemble pour une presse libre, pluraliste, professionnelle et responsable !

Les professionnels des médias reconnaissent la délicatesse du travail journalistique en période électorale

Les invités de l’émission passée de club de la presse ont salué à l’unanimité la récente initiative du conseil national de la communication(CNC) d’organiser deux journées d’un atelier centré sur la formation des journalistes au délicat travail de couverture médiatique de la période électorale ainsi que la nécessité de se préparer en conséquence à cet exercice qui est loin d’être une sinécure.

L’atelier était opportun

Aussi, pour Innocent Nsabimana, secrétaire permanent de l’observatoire des médias d’Afrique centrale(OMAC), l’atelier était opportun dans ce sens que la période électorale est délicate. Le journaliste doit faire beaucoup plus attention pour ne pas participer à des discours de haine, en violation des principes universels. Les journalistes sont appelés à œuvrer pour les droits humains. Les électeurs ont aussi besoin de savoir pourquoi aller voter, qui faut-il élire ? Il faut que le journaliste lui-même soit bien informé des dispositions légales des élections pour mieux les couvrir. Il y a aussi des moments particuliers où le journaliste peut être victime d’abus divers alors que la loi dit que le journaliste a le droit de collecter et de diffuser l’information du public en toute liberté, mais aussi en toute responsabilité Le constat heureux du moment est que les médias se comportent jusqu’à présent de manière correcte. Il n’y a pas encore eu de dérapages. Ce qu’a fait le CNC est une question de prévention pour que les journalistes sachent sur quel terrain ils sont afin de préserver la cohésion sociale. Les acteurs politiques ont également l’obligation de respecter les journalistes sur le terrain. Il y a aussi un code de conduite qui définissait les devoirs et les droits des uns et des autres et qu’il faut respecter. Autre chose est qu’en cas d’affrontements, le journaliste doit éviter d’être seul sur le terrain. L’autre chose est d’éviter d’entrer dans le conflit. Il faut encore avoir sa carte de presse sur soi et essayer de se rapprocher des gens en charge de la sécurité et de l’administration.

Ne pas s’éloigner du code d’éthique

De l’avis de Innocent Muhozi, directeur général de la radiotélévision Renaissance, malgré de tels ateliers de formation, les tendances seront les mêmes l’année prochaine dans la couverture des élections. Ceux qui s’étaient éloignés avant du code d’éthique risquent de persévérer dans le même sens l’année prochaine. Or, la logique commande à tout journaliste de servir l’intérêt général. Les médias classiques doivent tout faire pour qu’ils ne soient pas contaminés par les insanités des médias électroniques. Il faut donc être vigilant et appliquer les principes de l’honnêteté et d’objectivité.

Les faits sont sacrés!

D’après Jérôme Nzokirantevye, le porte-parole actuel du sénat, l’expérience des élections passées de 2005 et de 2010 a montré que quand les journalistes sont en synergie, c’est la ligne éditoriale qui les régit. D’un autre côté, c’est le factuel qui doit toujours dominer dans le travail du journaliste. S’agissant de l’initiative du CNC, quand des journalistes se mettent ensemble pour s’auto évaluer, c’es une occasion aussi d’harmoniser les vues. J’encourage donc les organisations des professionnels des médias à persévérer dans ce sens. Le droit à la liberté de la presse est en principe un acquis. Mais des fois, quand les journalistes ont des problèmes sur le terrain, c’est de la part de militants zélés. Les médias doivent concevoir en conséquence des spots de sensibilisation des citoyens sur le respect du travail journalistique. Il faut surtout que les politiciens apprennent à soigner leur langage en tant que pourvoyeurs de la matière première du journaliste.

La part des autres parties prenantes aux élections

L’émission s’est également intéressée à la réunion du 22 décembre 2014 des parties prenantes aux prochaines élections de 2015 qui était centrée sur l’évaluation des très controversées opérations d’enrôlement des candidats électeurs. Compte tenu des difficultés qui ont entouré les opérations en questions, un compromis a été trouvé et les citoyens qui n’ont pas pu se faire enrôler pour une raison ou une autre auront l’occasion de le faire dans les prochains jours.
Un bon début de retour à la confiance entre parties prenantes

Jérôme Nzokirantevye a surtout noté qu’il s’agissait de la première réunion où tous les leaders de l’opposition avaient été conviés. C’est un début de reprise de la confiance. La mise en place de la CENI avait été déjà controversée. Les uns et les autres ont pu exprimer leurs préoccupations, y compris en ce qui est de la nécessité d’introduire la carte biométrique à la place de la carte nationale d’identité actuelle qui est falsifiable à volonté.

C’est cette entente qu’on attendait depuis longtemps

Pour Innocent Muhozi, c’est cette entente qu’on attendait depuis longtemps de la part des acteurs politiques qui ne doivent pas poser que des problèmes mais aussi apporter des solutions. Il y a des gens qui ont été exclus de la carte nationale d’identité et qui vont bénéficier de nouveaux délais d’enrôlement. C’est une bonne chose. Il y avait eu des anomalies considérables dans la distribution des cartes nationales d’identité. C’est plus dans une logique d’apaisement global que cela doit s’inscrire. Il n’y a pas de raison que des problèmes posés par des humains ne trouvent pas de solution par les humains eux-mêmes. C’est dans le rôle des partis politiques et des organisations de la société civile d’être vigilants. Quels que soient les problèmes, les gens doivent aller se faire enrôler, a-t-il conclu.
Garder un dialogue permanent.

Innocent Nsabimana, de son côté, a retenu qu’il y a eu des irrégularités qui ont été reconnues par la commission électorale nationale indépendante(CENI). Des gens étaient allés jusqu’à demander l’annulation des résultats d’enrôlement et cela n’était pas la bonne solution. La prolongation des délais d’inscription a été l’une des bonnes solutions. Il faut, par conséquent, garder un dialogue permanent pour préserver le processus électoral.

Planète chaude!

Les invités se sont séparés sur un autre débat au sujet d’une attaque armée contre le quartier général de la mission africaine de maintien de la paix en Somalie(AMISOM), le jour de Noël par des éléments insurgés d’El Shebaab. L’attaque s’est soldée sur un bilan de cinq assaillants, trois militaires et un civil tués.

A la guerre comme à la guerre!

Pour Innocent Muhozi, il ne faut pas s’alarmer outre mesure car la guerre, c’est la guerre. On a affaire à des mouvements terroristes dont les adeptes sont prêts à mourir. Ces gens sont en train d’être défaits mais en attendant, il y aura d’autres attaques meurtrières. Il ne faut pas dire que c’est la fin du monde, a-t-il insisté. Cela fait partie de la guerre. Qu’il y ait des complicités intérieures ou des négligences, c’est possible dans tous les cas. Les menaces peuvent aussi avoir lieu dans les pays pourvoyeurs de troupes à l’AMISOM. C’est devenu une menace globale pour toute l’humanité, le terrorisme. La guerre est asymétrique. Ce sont des bombes humaines. Il faut aussi s’attaquer aux problèmes économiques. La guerre est le résultat des frustrations de jeunes sans perspective. Il faut réduire la désespérance qu’il y a dans le monde. Les gens manipulables existent dans tous les pays.

L’intégrisme commence aussi à prendre racine chez-nous

Du point de vue de Jérôme Nzokirantevye, ce qui reste à faire, c’est de peaufiner des stratégies de prévention contre ce genre d’attentats, avant d’interpeller les somaliens eux-mêmes. Autrement dit, il n’y a rien d’anormal dans cette infiltration. L’intégrisme commence aussi à prendre racine chez-nous, a-t-il poursuivi, en faisant allusion à un burundais présumé islamiste qui agressé dernièrement des policiers français dans un commissariat de l’Hexagone. Il faut que tout le monde participe à la lutte contre le terrorisme par la bonne éducation de nos enfants. Quand, dans les discours, c’est toujours de l’extrémisme, attendez-vous à ce qu’il y a ait du terrorisme. On récolte ce qu’on a semé, a-t-il estimé.

Les shebaab ne s’avouent pas vaincus

Pour Innocent Nsabimana, ce qui a limité des dégâts, c’est que l’AMISOM était elle-même avisée de ce genre d’attaques symboliques des insurgés islamistes à Noël. D’un autre côté, les shebaab doivent tenter des coups pour dire qu’ils existent encore.