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Les professionnels des médias invités à faire preuve de prudence dans la couverture des évènements sensibles

Les esprits ne cessent de s’échauffer à l’approche des élections générales de 2015 et les journalistes doivent s’armer de prudence et de calme dans la couverture des évènements sensibles, se sont accordés à dire les invités à l’émission passée de club de la presse, en saluant au passage l’attitude d’un reporter de la radiotélévision Renaissance qui n’a pas résisté outre mesure dernièrement à la confiscation de sa caméra par un agent du service nationale de renseignement en voulant filmer une opération de fouille-perquisition dans une maison pressentie abriter illégalement des armes dans la commune urbaine de Buterere.

La situation était gênante

Le directeur de la radiotélévision Renaissance, Innocent Muhozi, était parmi les invités et a le premier à trouver qu’il n’y avait pas de quoi s’alarmer par rapport à l’incident.

S’il y a eu un début d’énervement ce jour là, c’est parce qu’il y avait une situation gênante, a-t-il souligné en substance. Il y a eu aussi un disfonctionnement u niveaux des services de l’Etat avec d’un côté, la police qui voulait perquisitionner et d’un autre, le service national des renseignements qui s’y opposait soi disant que c’était la maison en question lui appartenait, a poursuivi M.Muhozi, avant toutefois de dire qu’il faut laisser le journaliste faire son travail. La presse doit se mêler de tout ce qui se passe sur la voie publique, a-t-il ajouté.

Excès de zèle

De l’avis de Jérôme Nzokirantevye, le porte-parole du sénat, le journaliste qui prenait des images n’avait pas tord. Si, d’un autre coté la caméra a été confisquée de force, c’est un excès de zèle. Toutefois, a-t-il nuancé, quand on vous dit de ne pas filmer, il faut accepter en bon citoyen. Pour le reste, il faut des campagnes de sensibilisation de toutes les couches de la population sur le travail du journaliste. En guise de conseil, l’intervenant a dit quavec la période électorale, tout le monde doit user de la sagesse. Ce sont nos réactions qui conditionnent celles des autres. Les journalistes sont aussi interpellés car il ne sert à rien de jeter de l’huile sur le feu.

Prendre des images est un geste banal par les temps qui courent

Pour Théddie Mazina, un journaliste-photographe indépendant, il ne fallait pas en arriver à la confiscation de la caméra dans un monde d’aujourd’hui où tout passant intéressé peut prendre des images d’une façon ou d’une autre. Les journalistes quant a eux ne doivent pas donner l’habitude au premier venu de toucher au matériel de reportage si on n’est pas entré de filmer des endroits interdits comme l’aéroport ou les casernes militaires et policiers.

Planète chaude

Les invités se sont encore pliés à la règle de commenter l’actualité internationale chaude de la semaine qui avait été marquée par l’élection d’un nouveau directeur général de la francophonie sur des bases qu’ils ont trouvées pour le moins peu orthodoxes.

Une canadienne désignée par défaut

La canadienne Michaelle Jean a été désignée par défaut suite au manque de consensus autour d’un candidat unique africain, dont l’ancien chef de l’Etat burundais, Pierre Buyoya.
Pour Innocent Muhozi, ce qui s’est passé à Dakar relevait d’une mascarade. Il y a eu d’autres considérations. La question est maintenant de savoir ce que l’on veut faire de la francophonie. Nous avons des situations graves en Afrique où la francophonie a joué un grand rôle, notamment à travers le candidat du Burundi. Quoi que l’on ait fait, le français fait partie de notre patrimoine. On est francophone, on le reste, a-t-il souligné, en substance.

La démocratie n’a pas triomphé à Dakar

Jérôme Nzokirantevye, quant à lui, a regretté la défaite du candidat burundais alors qu’il avait le soutien de la plupart des chefs d’Etat africains jusqu’à la dernière minute. La démocratie n’a pas triomphé à Dakar. L’intervenant a encore fait remarqué que ce sont pourtant les africains qui constituent le coussinet de la langue française. Ce qui s’est passé montre que la France est en train de décourager les pays africains qui étaient jusque-là accrochés à la Francophonie.

Le Burundi a rayonné dans le monde malgré l’échec de son candidat

Pour Theddie Mazina, au niveau de l’image du Burundi, on a rayonné même dans l’échec. Par ailleurs, le pays a fait montre de l’unité derrière la candidature de Buyoya. On n’a pas gagné, mais on n’a pas perdu sur toute la ligne. Certains chefs d’Etat sont partis avant la fin du sommet. Cette affaire doit nous ouvrir les yeux, a-t-il conclu.