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Les médias en appellent à la sagesse du CNC dans le litige avec le rectorat de l’université du Burundi

Les médias n’ont pas influencé l’échec des réinscriptions aux cours à l’université du Burundi malgré la plainte du recteur, Gaston Hakiza, auprès du conseil national de la communication (CNC) contre les radios Bonesha FM, la RPA (radio publique africaine) et Isanganiro pour leurs reportages sur la grève qui perdure dans ce haut lieu public du savoir, se sont accordés à dire les invités à l’émission passée de club de la presse, avant d’en appeler à la sagesse de l’organe de régulation des médias dans son arbitrage.
Pour Jérôme Niyonzima, coordinateur du studio Ijambo, le fait est que les étudiants persistent à demander la mesure portant restructuration de la bourse d’étude et de stage. Les étudiants n’ont pas non plus bien reçu l’autre mesure de les chasser des campus et de devoir se réinscrire en n’engageant à renoncer aux grèves. Sur le plan strictement professionnel, les médias peuvent avoir péché par un manque d’équilibre dans l’information qui a fâché le rectorat. Il fallait approcher toutes les sources, y compris le rectorat qui a, du reste, le droit de porter plainte quand il le juge nécessaire. Disons aussi que l’université est une priorité; ce qui commande à l’Etat de trouver les solutions à la grève dans les universités publiques du pays.
De l’avis de Christian Bigirimana, journaliste au groupe de presse indépendant « Iwacu », il faut plutôt considérer que l’échec des réinscriptions résulte de l’union jusque-là sans faille des étudiants malgré les pressions tous azimuts qui sont exercées sur eux. Quelque part, cela montre la détermination des étudiants qui répondent à l’appel de leurs délégués. Ce n’est donc pas à cause des médias que la situation s’est envenimée. On peut aussi discuter du travail des médias en termes de professionnalisme. On devrait avoir aussi entendu le point de vue du rectorat car une seule source n’est pas fiable. D’un autre côté, le gouvernement doit prioriser les dépenses et considérer comme tout aussi important la question litigieuse de la bourse d’études et de stage.
Pour Esdras Ndikumana, le correspondant de radio France Internationale (RFI) et de l’Agence France presse (AFP), il faut éviter de verser dans la légèreté, surtout quand on effectue des reportages sur des sujets sensibles. Il faut encore se soucier en permanence de l’équilibre de l’information. Dans certains cas, il faut aussi se méfier des sources d’informations qui peuvent induire le journaliste en erreur. Il faut encore un recoupement de l’information car, une seule source n’est jamais totalement fiable. Maintenant que les choses en sont arrivées là, il faudra que le CNC agisse avec sagesse. A propos de cette crise de l’université, ce que je comprends est que le gouvernement dise qu’il ne peut plus assurer la bourse comme avant. Le problème est la manière de le dire et de le faire. Le gouvernement doit mettre en place un système intelligent. Au Rwanda voisin, il y a le système de prêt bancaire aux étudiants qui est garanti par l’Etat.