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Intensification des formations à la couverture médiatique des élections de 2015

Plusieurs sessions de formations à la couverture médiatiques du processus électoral sont prévues au niveau du centre de formation des médias(CFM) à l’intention des rédacteurs en chefs, des secrétaires de rédactions et des journalistes séniors appelés à encadrer les autres femmes et hommes des médias le moment venu, a annoncé, Alexandre Niyungeko, le responsable du centre et président de l’Union burundaise des journalistes lors de l’émission passée de club de la presse.

Le CFM a la vocation de former et c’est normal de préparer les journalistes à la veille des élections. On va continuer pour décortiquer comment les journalistes ont travaillé en 2005 et 2010 et voir ce qui a marché, ce qui n’a pas marché. La majorité ce sont des rédacteurs en chefs, des secrétaires de rédaction ou des journalistes séniors. C’est pour qu’ils orientent les autres. Il faut un back ground pour aller sur le terrain. Il est prévu trois autres formations pour qu’à la fin on ait formé au moins 75 journalistes pour qu’à leur tour, ils forment les autres qui n’ont pas bénéficié de telles formations, a-t-il précisé.

Pour Aloys Batungwanayo, de la Benevolentia, c’est une bonne chose de préparer les journalistes à la couverture médiatique des élections. En 2010, il y a eu des erreurs dans la couverture du décompte des résultats électoraux. Ce serait bien de reconnaitre d’abord les erreurs du passé. C’est rare cependant pour les journalistes de reconnaitre des erreurs. Les formations viennent donc à point nommé, surtout que le paysage médiatique burundais se rajeunit chaque jour d’avantage.

De l’avis de Jérome Niyonzima, coordinateur du studio Ijambo, c’est également une bonne initiative du CFM qui doit néanmoins savoir qu’il y a des erreurs qui se commettent par ignorance et d’autres qui le sont délibérément. Son autre inquiétude s’est situe au niveau de la restitution par les bénéficiaires. Est-ce qu’ils vont toucher toute la masse de journalistes ? Il y a aussi la fuite des cerveaux journalistiques formés. La question est de savoir s’il y a des stratégies de faire bénéficier aux jeunes les expériences de leurs ainés.

Quant à Jérome Nzokirantevye, il a tiré un coup de chapeau au CFM qui a eu cette idée de former les journalistes à la bonne couverture médiatique du processus électoral. J’espère qu’il y aura une sensibilisation au sens patriotique et à la responsabilité du journaliste envers les citoyens. Il faut aussi sensibiliser les autres acteurs comme le administratifs et la classe politique au sens de l’intérêt général. Ce n’est pas au médium de cadrer le discours des politiciens. On aimerait que tout le monde fasse mieux en 2015.

L’enrôlement en question

Les invités ont encore eu à redire sur le déroulement « chaotique » des opérations d’enrôlement des candidats électeurs qui ont pris trois semaines et fait couler beaucoup d’encre et de salives chez les parties prenantes et les observateurs indépendants.

 

 

Pour Jérome Nzokirantevye, depuis le début, les politiciens ont soulevé pas mal d’irrégularités. Je salue par contre le travail de la commission électorale nationale indépendante(CENI) qui a organisé des rencontres d’évaluation des opérations d’enrôlement avec les partis politiques. Le fait est que la plupart des burundais en âge de voter ont perdu le sens du civisme en allant se faire enregistrer plus d’une fois. J’ai apprécié aussi la vigilance pacifique des partis politiques. Ce qui est important est que la CENI tienne compte des observations des uns et des autres.

D’après Alexandre Niyungeko, le ministère de l’intérieur a carrément démissionné de ses fonctions en disant qu’il revenait à la CENI de prendre des mesures pour mettre fin aux irrégularités dans la distribution des cartes nationales d’identité. On se demande aujourd’hui si ce n’est pas sous la bénédiction du ministère de l’intérieur lui-même que le désordre a régné pendant l’enrôlement. En l’espace de cinq ans, on se retrouve avec des millions de gens sans carte nationale d’identité. Quelque chose ne tourne pas rond dans cette affaire. Je comprends les menaces de l’union européenne de reconsidérer son aide au processus électoral au rythme où vont les irrégularités. Cet appui peut donner lieu à un autre débat sur la souveraineté économique des burundais. J’espère que la CENI tirera les conclusions qui s’imposent de ces irrégularités. Donnons à la CENI le bénéfice du doute.

Dans son intervention, Aloys Batungwanayo, a commencé par exprimer sa « tristesse » en direction de ceux de  la communauté internationale qui se mêlent de nos élections. Quant à la distribution des cartes nationales d’identité, la responsabilité du ministère de l’intérieur est engagée. C’est à la veille de l’enrôlement que tout le monde se bouscule pour chercher la carte d’identité. La carte biométrique sème aussi des doutes quant aux raisons de l’arrêt de sa production et sa distribution. Il n’y a même pas eu d’explication. On se demande s’il n’y a pas une corrélation entre l’arrêt de sa distribution et les irrégularités qui ont entouré l’usage de la carte nationale d’identité ordinaire.

Jérôme Niyonzim, de son côté, a estimé, a estimé que le processus électoral a connu un faux départ avec des masses de citoyens qui trimbalaient des sacs de cartes nationales d’identité frauduleuses pendant que d’autres cherchaient vainement à en avoir. Tout le monde est coupable, à commencer par ceux qui veulent avoir la carte d’identité seulement aujourd’hui, d’autres qui ont un excès de cartes. C’est un désordre au niveau du ministère, des provinces, des communes, des zones et des collines. La CENI est coupable de la précipitation alors qu’elle a devant elle six mois. La justice est aussi coupable de l’immobilisme.

Planète chaude

Le récent remaniement ministériel en république démocratique du Congo(RDC) voisin a clôture l’émission par diverses interprétations des invités.

Pour Jérôme Nzokirantevye, c’est le résultat de concertations et ce qui est important est que le nouveau gouvernement réponde aux aspirations du peuple. Le parti au pouvoir s’est taillé la part du lion et c’est normal que le parti qui a gagné les élections soit majoritaire.

De l’avis de Jérôme Niyonzima, le remaniement n’a pas satisfait tous les acteurs. Cela va fragiliser le nouveau gouvernement. L’opposition va se renforcer. On espère que c’est un début vers une cohésion nationale.

Pour Alexandre Niyungeko, c’est un faux débat ou encore un non-évènement. Ce qu’il faut, ce sont des élections pour départager les acteurs politiques sur des bases démocratiques. Le problème est aussi celui de la gestion du pouvoir de Kabila qui en est à son troisième mandat. Sinon, le changement d’un gouvernement ne résout pas les problèmes de fond. Ce sont des intérêts individuels qui ont été mis en avant.

Aloys Batungwanayo, quant à lui s’est demandé si la cohésion nationale et la démocratie ont primé dans la formation du nouveau gouvernement de transition au Congo. Par ailleurs, si on demande la mise en place d’un gouvernement d’union nationale soit-il, autre chose est de lui donner une feuille de route. L’enjeu n’est pas ce gouvernement mais la préparation d’élections libres et transparentes. L’une des solutions aux problèmes socioéconomique et politiques, c’est de bien organiser les élections ouvertes à tous les acteurs politiques.