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Accalmie !

Les lendemains de l’entrée en vigueur effective de la nouvelle loi controversée sur la presse ont été pénibles pour un certain nombre de journalistes, aussi bien du public que du privé.

Tenez ! Lucien Rukevya, journaliste de la Radio Télévision Nationale du Burundi (RTNB, publique) a séjourné au cachot du service national des renseignements pour un motif non encore clairement connu.

Le journaliste a bénéficié d’une liberté provisoire et devra comparaître en prévenu libre par la suite.

Evariste Nzikobanyanka, de la radio Isanganiro (indépendante) a comparu devant le parquet de la République à Makamba. C’est à plus de 160 kilomètres au sud de Bujumbura, la capitale du Burundi où est normalement basé le journaliste qui devait répondre d’un reportage sur des cas présumés de corruption dans le règlement des litiges fonciers entre les rapatriés et les résidents.

Le journaliste reste à la disposition de la justice pour comparaître à nouveau, au cas où cela s’avérerait nécessaire, s’est-il vu signifier.

Janvier Harerimana, un autre journaliste,  de « Isanganiro », a été également convoqué par la police pour un interrogatoire sur une information publiée par cette radio. L’affaire n’est pas allée plus loin.

Bien avant ces trois récents cas, il faut encore rappeler que Patrick Niyonkuru, de la Radio publique africaine (RPA) a été touché au bras par une balle tirée délibérément sur lui le 27 avril par un policier, puis admis à l’hôpital.

Le policer a été entendu par la justice puis écroué, ce qui a été salué par les défenseurs des droits de l’homme et de la liberté de la presse.

Le 25 avril encore, le domicile du journaliste Willy Abagenzinikindi, de la Télé-Renaissance, a été attaqué par des personnes armées de fusils et de machettes. Du matériel de reportage a été soustrait du domicile du journaliste où on a également déploré un blessé parmi les voisins qui voulaient lui prêter secours.

Aujourd’hui, on peut conclure à une certaine accalmie. Pourvu qu’elle dure et il y a lieu de l’espérer.

Les passions autour de la nouvelle loi sur la presse ont baissé d’intensité. Des voix officielles demandent maintenant à être jugées sur la mise en application effective de la nouvelle loi.

Seulement voilà, la loi est en vigueur et il est difficile de croire qu’elle ne sera pas appliquée dans toute sa rigueur.

Les professionnels des médias, quant à eux, maintiennent qu’ils continueront à exercer leur métier, dans le strict respect de ses fondements, à savoir : servir l’intérêt général, rester la courroie de transmission entre les pouvoirs publics et la population, observer scrupuleusement le code de déontologie, pour ne citer que ces principes basiques.

Et puis, et puis, si jamais le projet d’union politique intégrale prospère au niveau de la communauté est africaine (CEA/EAC), dont fait partie le Burundi, il faut s’attendre à l’harmonisation préalable de toutes les lois des Etats membres, y compris celle sur la presse.

A ce moment, nous risquons de la lire autrement et…en Anglais, de surcroît. Et c’est une autre pair de manche.