Historique

I. Exposé des Motifs

 

 L’idée de restructurer les Organisation des Professionnels des Médias est née avec le constat de la tendance au foisonnement des associations des journalistes avec comme objectif affiché de servir la cause professionnelle. En effet, tout le monde se déclare au service de la promotion de la liberté d’expression en général et de la liberté de presse en particulier. Ceci se joue sur un terrain déjà occupé par des confrères et jamais avant, il n’y avait eu étude critique pour évaluer l’action des OPM existantes et pouvant recommander la création d’autres structures.  Il n’est pas rare, dans ces conditions, de voir la nouvelle organisation s’engager dans un champ déjà servi, et peut-être bien servi alors que d’autres initiatives dans d’autres secteurs seraient les bienvenus. Les conséquences inhérentes à cet état de fait sont inévitablement fâcheuses sur toute la ligne. D’un côté, les associations se retrouvent en train de chasser sur le même terrain : mêmes objectifs, même public, même matière, bref, doublons, chevauchements, voire les crocs en jambes. D’un autre côté, n’ayant pas de moyens propres pour soutenir leurs actions, elles chassent sur le même terrain des bailleurs, jouant des coudes et de crocs-en-jambe pour qui mieux mieux. Cette situation joue contre la profession et déroute les éventuels appuis.

 Face à ce constat partagé entre toutes les Organisations de Professionnels des médias, la Maison de la Presse du Burundi a pris l’initiative d’organiser une table ronde dans l’intention de conforter la position des  professionnels des médias à garder la tête au dessus de l’eau pour jouer pleinement leur rôle d’informer selon les véritables règles de l’art, la solidarité professionnelle et la complémentarité étant estimées comme les meilleures des panacées.

 Ainsi,le 31 janvier et le 02 février 2008, les membres des comités Exécutifs des associations ABJ, MP, DHD, ABR, AFJO se sont réunis à l’Hôtel Club du Lac Tanganyika pour réfléchir sur la voie la meilleure de synchroniser leur vision de servir la cause de la profession et définir les axes sectoriels d’intervention au service de la liberté d’expression.

 Plus concrètement, les différentes OPM étaient invitées à revisiter leurs statuts pour éviter des chevauchements réglementaires avec les autres organisations opérant dans le même secteur ; se convenir sur une plateforme de coordination des appuis potentiels et de la façon la mieux adaptée d’orienter des partenaires intéressés par le secteur de la communication vers l’organe ou l’organisation indiquée ; et mettre en place des modalités pratiques pour aider tout nouveau venu dans le secteur à se démarquer des opérateurs déjà existants.

 L’atelier a conclu sur la nécessité de réorganiser le secteur, clarifier les missions des uns et des autres en veillant à éviter, autant que faire se peut, les doublons et développer des synergies en tenant compte de la spécificité des associations.

 La stratégie convenue fut de se doter d’une structure de coordination avec pour mission de fédérer toutes les associations oeuvrant dans le secteur des médias, développer des synergies au sein des OPM pour accroître l’impact de leurs actions, canaliser et coordonner les différentes initiatives concourant au renforcement des capacités des médias. La Maison de la Presse du Burundi fut désignée pour jouer ce rôle de structure faîtière. Mais pour cela, les participants ont convenu que la Maison de la Presse change de configuration : la qualité de membre est redéfinie, les adhésions individuelles sont supprimées au profit des associations de journalistes. Entre autres conditions d’admission, l’organisation candidate doit répondre aux critères suivants :

  • Etre agréée et qui en fait la demande
  • Avoir  au moins un an d’existence
  • Etre active (au moins 2 activités)
  • Etre reconnue par le droit burundais
  • S’acquitter des droits d’adhésion et d’autres obligations de la MP
  • Avoir  a un plan d’action validé par l’organe habilité de l’association
  • Faire preuve de bonne gouvernance

 

 Les organes de la Maison de la Presse refondée sont ébauchées : une AG constituée des CE des OPM membres, un CA constitué des représentants légaux des associations membres + un membre de plus pour l’UBJ et un audit.

 L’initiative enclenchée à l’Hôtel Club du Lac Tanganyika a fait son chemin et s’est bien précisée. Au fur et à mesure que la transformation de la Maison de la Presse se confirme, le souci d’assurer une bonne coordination émerge. Guidées par le souci d’efficacité, certaines associations proposent que la nouvelle structure de coordination ne soit pas un amas d’associations, mais une structure plus ou moins légère, efficace et qui représente tous les secteurs des médias.

 La proposition fut accréditée dans une réunion qui s’est tenue le 22 mars 2008 à la Maison de la Presse et dans laquelle participaient les OPM suivantes :

 1. Maison de la Presse

            - Monsieur Jérôme SINANKWA

 

            - Monsieur Epitace NDUWAYO

 

            - Monsieur Etienne NDIKURIYO

 

            - Monsieur Vincent NKESHIMANA

 

2. Association Burundaise des Journalistes

 

            - Claude NTIRANDEKURA

 

 3. Association des Radiodiffuseurs

            - Jean Jacques NTAMAGARA

 

            - Tharcisse NDARUGIRIRE

 

 4. Réseau des Journalistes pour le Développement Humain Durable

            - Merthus NIYONZIMA

 

 5. Association des Femmes Journalistes

            - Marie Louise KABAGEMA

 

 Monsieur Cyprien NDIKUMANA, représentant de l’Institut Panos Paris était convié en sa qualité d’organisation partenaire qui soutien la presse au Burundi et qui accompagne le processus. 

 

 Même si , à cette étape du processus de transformation de la Maison de la Presse  trois pôles de représentation avaient été définis : l’audiovisuel, la presse écrite et les journalistes et leurs associations, il a été finalement retenu l’idée qu’il ne fallait prendre en compte que des associations des professionnels des medias déjà existantes légalement et opérationnelles sur terrain..

 Innovations

 La première innovation introduite dans les nouveaux statuts et le changement de la qualité de membre. La Maison de la Presse prend l’allure d’une fédération d’associations représentatives des différents secteurs du domaine de la presse.

 L’Assemblée Générale sera composée par les membres des comités exécutifs de ces associations. Pour garder l’œil vigilant de l’association sur le fonctionnement de la Maison de la Presse, l’Assemblée Générale de chaque OPM élit son(ses) représentants au conseil d’administration qui sera pourtant responsable devant l’Assemblée Générale de la Maison de la Presse, cette fois composée des CE des OPM affiliées.

 La deuxième innovation apparaît dans le mode de fonctionnement. A ce jour, la Direction de la Maison de la Presse  était jusque là pratiquement la seule à réfléchir, concevoir et proposer des projets et des activités en faveur des membres. La tâche était d’autant plus difficile que les membres avaient un profil varié. La nouvelle orientation propose un Conseil de Direction. C’est un organe qui, bien que consultatif, est très important.. D’abord par sa composition : les membres représentent la configuration du paysage médiatique et travaillent pour les associations membres. Ils maîtrisent donc les besoins, les difficultés et même les intérêts de leurs associations. Ce sont eux qui seront à la base du plan stratégique de la Maison de la Presse. De la sorte, on est à peu près sûr que les différentes préoccupations des journalistes seront prises en compte.

 La nouvelle configuration permet d’éviter les chevauchements entre associations et facilite l’orientation des bailleurs. En effet, d’une part, les différentes associations définissent leur profil en veillant à ce qu’il n’y ait pas de floues dans leurs missions et actions qui peuvent porter à confusion entre les domaines de compétentes de deux associations.

 D’autre part, la Maison de la Presse devient une interface crédible auprès des bailleurs. Certes, avant, les initiatives étaient nombreuses et variées. Mais il n’était pas rare de voir différents bailleurs financer une même activité et pour le même public alors que d’autres besoins paraissaient plus urgents pour les professionnels des médias et manquaient de financement. Cette configuration avait parfois dérouté les bailleurs. La Maison de la Presse va donc jouer le rôle de cette structure de coordination, exprimer les besoins identifiés en concertation avec les associations membres et canaliser ces appuis. Cela sera d’autant plus aisé que les projets auront été conçus dans la concertation entre les différentes OPM.

 Pas de méprise, la Maison de la Presse n’abritera pas les associations. Mais toute activité qui concourt à améliorer la profession pourra être développée à la Maison de la Presse et aura le soutien de la Maison de la Presse et des associations membres.

LE COUT

 1) La Maison de la Presse fait face à des charges de plus en plus importantes et qui vont aller croissant surtout avec cette transformation de la Maison de la Presse :

 

 

  • La fourniture d’eau et d’électricité ;
  • Le téléphone ;
  • Le gardiennage ;
  • L’entretien des lieux ;
  • Fourniture de liaison Internet ;
  • Gestion du centre de documentation ;
  • L’orientation des visiteurs ;
  • Etc.

 

 2) Au delà il faut noter que la Maison de la Presse a un nom, son organisation lui a permis d’être bien connue et d’inspirer confiance aux partenaires. C’est une image à consolider. Ce qui signifie une certaine discipline de la part des nouveaux membres.

 

 3) Le personnel de la Maison de la Presse est sous payé. Les salaires de son personnel comparés à celui versé aux employés des autres associations révèlent des différences énormes. Le personnel de la Maison de la Presse perçoit moins de la moitié, voire un tiers du salaire de son collègue des autres associations. Peut-on imaginer que ce personnel pourra être efficacement au service de la communauté sans être frustré ?

En définitive, ce rôle d’interface appelle des efforts et des coûts que les représentants de la nouvelle structure, à savoir le Conseil d’Administration de la Maison de la Presse,sont appelés  à déployer. Ils devront donc réfléchir sur toutes ces questions pour éviter les frustrations dommageables au développement de nos associations. Il faudra non seulement participer aux coûts des différentes charges mais aussi déterminer un quote-part des projets défendus au profit des associations membres à reverser à la Maison de la Pressedont le pourcentage reste à déterminer.